Une notice sur Alice Rivaz   1901-1998

 


Dans la veine de Corinna Bille, de Catherine Colomb et de Monique Saint-Hélier, Alice Rivaz (née le 14 août 1901 à Rovray) apporte, dès la fin des années trente, un ton résolument hardi à la littérature suisse romande, et même au-delà des frontières suisses. Teintée de féminisme, son oeuvre littéraire marquera le début d'une ère nouvelle en Suisse.

Alice Rivaz étudie la musique pour se consacrer ensuite au piano et à la musicologie. Vaudoise d'origine, l'écrivaine s'installe à Genève où elle travaillera durant de nombreuses années au Bureau International du Travail (BIT), poste qu'elle abandonnera finalement pour poursuivre sa vocation littéraire.

Nombre de ses romans s'articulent autour de la place difficile de la femme au sein de la famille, dans le monde du travail, dans ses relations avec les hommes et avec elle-même. Empreinte de compassion à l'égard de ses protagonistes, son écriture développe avec subtilité, profondeur et sans concessions ses thèmes de prédilection.

Alice Rivaz adopte volontiers le point de vue de ceux qui, dans le monde professionnel, occupent des postes subordonnés. Elle se met facilement à leur place et cherche à comprendre leur vie, placée sous le signe de la grisaille d'une existence étriquée, de l'échec et de la déception. Essentiellement féminins, ses personnages servent à transmettre son message à tendance féministe et laissent transparaître le caractère souvent autobiographique de son oeuvre.

Les titres principaux d'Alice Rivaz sont : Nuages dans la main, 1940 ; Jette ton pain, 1979 (romans) ; Sans alcool, 1961 ; De mémoire et d'oubli, 1973 (recueils de nouvelles) ; L'Alphabet du matin, 1969 (récit) ; Traces de vie, 1983 (journal) ; Alice Rivaz est également l'auteur d'une étude sur le poète suisse romand Jean-Georges Lossier, 1986.

Alice Rivaz est décédée le 27 février 1998, à l'âge de 96 ans, dans une maison de retraite près de Genève.____________ (adapté de "La Loupe")

 

Une étude sur Alice Rivaz, par Françoise Fornerod